Légende
Temps des sucres - La route des sucres
Légendes
Selon la légende, les Amérindiens ont été les premiers à découvrir « sinzibuckwud », le nom algonquin (une tribu amérindienne) pour « sirop d’érable », signifiant « tiré du bois ».
Les Amérindiens utilisaient leur tomahawk pour faire une incision en forme de V dans les arbres. Ils inséraient ensuite des roseaux ou une pièce concave d’écorce pour faire couler la sève dans un récipient fait d’écorce de bouleau. Ils faisaient bouillir la sève recueillie dans des contenants d’argile pour obtenir le sirop d’érable.
Ensuite, le sirop d’érable était bu comme un breuvage sucré ou utilisé en cuisine, car il renfermait une valeur énergétique et nutritive.
Deux méthodes étaient utilisées à l’époque des autochtones pour concentrer la sève. Pour avoir un sirop plus transparent la méthode consistait à congeler la sève et on enlevait la glace qui se formait sur le sirop en répétant cette étape pendant quelques nuits. La deuxième méthode consistait à plonger des pierres très chaudes directement dans la sève et celle-ci s’épaississait par évaporation. On obtenait dans ce cas-ci un sirop de couleur plus sombre.
Les premiers colons blancs et les négociants de fourrure ont introduit des chaudières de bois au processus ainsi que des bouilloires en fer et en cuivre.
Plus tard, ils suspendront leurs chaudières à des chalumeaux faits à la main et introduits dans des trous percés dans les érables.
Autant de tribus, autant de légendes amérindiennes expliquent comment cela a pu se passer…
Légende du sirop d’érable
Bien avant l’arrivée de Christophe Colomb, les tribus amérindiennes savaient comment recueillir la sève des érables et la transformer en sirop d’érable. Et à leur tour, les Amérindiens ont appris à nos ancêtres à fabriquer le sirop d’érable. Mais les Amérindiens, eux, comment ont-ils appris ?
Une des nombreuses légendes raconte qu’un petit écureuil grimpa le long d’un tronc d’arbre, mordit sa branche et se mit à boire. Un Amérindien se trouvant au pied de cet arbre le regardait et se demandait pourquoi, puisqu’une source d’eau fraîche coulait tout près. Il imita l’écureuil en faisant une fente avec son couteau … surprise, l’eau qui s’en écoulait était sucrée !
Jusqu’alors, sa tribu ne trouvait du sucre que dans les fruits sauvages. Et voilà qu’il existait un arbre qui pleure du sucre en larmes de cristal. En plus, il venait de découvrir un remède contre le scorbut dont les siens souffraient souvent au printemps.
Tout ça parce qu’il avait regardé et imité un écureuil en train de se désaltérer avec la sève d’érable.
Micmac
Par une journée de tôt printemps, alors que le vent était encore frisquet, une vieille femme Micmac alla ramasser la sève des érables et, comme elle goûte meilleure chaude, elle en mit dans un pot qu’elle plaça au-dessus de son feu de teepee. Fatiguée, elle alla s’étendre pour se reposer. Lorsqu’elle se réveilla, le soir était déjà là. Dans le pot, elle trouva un sirop doré, clair et sucré.
Algonquin
Le chef prit son tomahawk de l’érable dans lequel il l’avait enfoncé la veille. Comme le soleil montait dans le ciel, la sève se mit à couler. Sa femme la goûta et la trouva bonne. Elle s’en servit pour cuire la viande: ce qui lui évita d’aller à la source pour chercher de l’eau. Le goût sucré et l’odeur douce furent très appréciés par le chef. Il appela le sirop dans lequel avait bouilli la viande, Sinzibuckwud, mot algonquin qui veut dire « tiré des arbres ».
Iroquois
Par un matin froid et piquant, il y a fort longtemps, un chef iroquois du nom de Woksis sortit de sa hutte. Puisqu’il devait aller à la chasse, il retira son tomahawk de l’érable dans lequel il l’avait plantée la veille au soir. Le tomahawk avait fait une profonde entaille dans l’arbre mais Woksis n’y fit pas attention. Il partit chasser.
Un récipient en écorce de bouleau était posé au pied de l’érable. Goutte à goutte, la sève qui ressemblait à de l’eau s’écoula de l’entaille faite dans le tronc de l’érable et remplit le récipient.
Le lendemain, la femme de Woksis remarqua que le récipient était plein. Pensant que la sève incolore était de l’eau, elle s’en servit pour faire un ragoût de gibier.
Le soir venu, au souper, Woksis sourit et dit à sa femme: « Ce ragoût est délicieux. Il a un goût sucré. »
N’y comprenant rien, la femme trempa son doigt dans le ragoût qui avait mijoté tout l’après-midi. Woksis avait raison: le ragoût était sucré. On venait de découvrir le sirop d’érable!
Le dieu Nanabozho
Il y a bien longtemps, du sirop pur, comme celui dont on arrose ses crêpes, coulait des érables. Lorsque le dieu Nanabozho y goûta, il le trouva tellement bon qu’il se dit que les habitants de la Terre n’apprécieraient pas ce sirop s’ils pouvaient se le procurer aussi facilement. Nanabozho ajouta donc de l’eau à l’épais sirop fourni par l’arbre, tellement d’eau que le liquide finit par ressembler à de l’eau sucrée. Il dissimula ensuite cette sève au plus profond de l’arbre. Depuis ce temps-là, les hommes doivent travailler fort pour obtenir du sirop d’érable.
La légende de Nokomis (la Terre)
Une légende amérindienne attribue la découverte du sucre d’érable à Nokomis (la Terre), grand-mère de Manabush, héros de nombreuses légendes indiennes. Nokomis aurait été la première à percer des trous dans le tronc des érables et à recueillir la sève. Manabush, constatant que cette sève était un sirop prêt à manger, alla trouver sa grand-mère et lui dit :
« Grand-mère, il n’est pas bon que les arbres produisent du sucre aussi facilement. Si les hommes peuvent ainsi sans effort recueillir du sucre, ils ne tarderont pas à devenir paresseux. Il faut tâcher de les faire travailler. Avant qu’ils ne puissent déguster ce sirop exquis, il serait bon que les hommes soient obligés de fendre du bois et de passer des nuits à surveiller la cuisson du sirop. »
Manabush n’en dit pas plus long, mais craignant que Nokomis ne fût indifférente à ses paroles et qu’elle n’omit de prendre des mesures pour empêcher les hommes de devenir paresseux, il grimpa en haut d’un érable avec un sceau rempli d’eau et en versa le contenu à l’intérieur même de l’arbre, dissolvant ainsi le sucre qui se trouvait dans l’érable.

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